Paysage méditerranéen, Cassis, Jean Lafon
Paysage méditerranéen, Cassis, 1934, Jean LAFON (Paris, 1886-1973)
Huile sur panneau, située à Cassis, datée 1934 et envoyée à “mon ami Charles Camoin”
Dimensions sans cadre 41×33 cm
Dimensions avec cadre 61×53 cm
Séduit par ces blocs de rochers que la gravité a disposés en une belle ordonnance, Jean Lafon dit Keuleyan nous livre ici un tableau intimiste de la côte provençale. Il brosse nuées verdâtres, éperons roux et gris des calanques, oliviers aux verts ternis. L’intensité lumineuse est bien présente, avec ses empâtements rugueux et ses accents de blancs dans les vaguelettes du bord de mer, contrastant avec des bleus plus lointains, et les réconciliant enfin sous le feu du soleil de Provence.
Répondant à la demande du public, Jean Lafon peignait la Méditerranée et se spécialisa dans les clairs de lune et les couchers de soleil. Maîtrisant parfaitement les effets de lumière et nous entraînant dans une indolente rêverie, il nous fit découvrir ces havres longtemps accessibles par la seule mer et toujours blottis à la lisière des couleurs, où rochers gris et garrigues communiaient par la seule magie de somptueux panoramas.
La relation entre les deux peintres Lafon et Camoin fut établie dans les années 30, laissant présager que par l’envoi de notre tableau à son ami Charles Camoin, cette œuvre ne fut dédiée qu’au grand maître provençal, qui fréquentait chaque année le petit port de Cassis, dans une communauté d’artistes réunissant aussi les peintres Manguin, Derain, Friesz et Verdilhan, tous compagnons de l’Hôtel Liautaud dans le petit village de pêcheurs du début du siècle.
Bien plus tôt, vers 1905, Charles Camoin peignait Cassis avec bonheur et sincérité, et faisait chanter sa palette fauve dans un concert allègre de jaune, vert, bleu et ocres-rouges. Trente années plus tard, quelle fierté et quel honneur sans doute furent donnés à notre peintre Jean Lafon de dédier au maître cette vue des criques cassidaines, que nous situons aujourd’hui du côté des Roches Plates.




