Grès, pichet et pots bleus, Alfred BASTIEN (Ixelles, 1873- Uccle, 1955)
Huile sur panneau, signée en bas à droite
Dimensions sans cadre 60×49 cm
Dimensions avec cadre 85×73 cm

Formé à l’Académie Royale des Beaux-arts de Gand à partir de 1882 et à l’Académie des Beaux-arts de Bruxelles en 1891, Alfred Bastien vint ensuite étudier aux Beaux-arts à Paris où il fut influencé par les impressionnistes, focalisant sur les effets de lumière et développant un luminisme discret qui caractérise aujourd’hui ses huiles et ses aquarelles de paysage, de natures mortes et de portraits.

En 1911, sur instigation du roi Albert, le gouvernement belge commanda à Alfred Bastien et à son ami Paul Mathieu le Panorama du Congo, peinture monumentale destinée à décorer le Palais du Congo belge érigé pour l’Exposition universelle de Gand en 1913. Ils passèrent ainsi quatre mois au Congo voyageant en train et à pied de Matadi à Kinshasa à travers les paysages luxuriants de l’Afrique. Le résultat est une gigantesque fresque illustrant la forêt, la montagne, le fleuve et le village indigène.

Enseignant à l’Académie de Bruxelles, Alfred Bastien en devint directeur en 1928. Il fut aussi le peintre et l’ami personnel du prince Charles. Ses œuvres sont présentes dans les collections des musées d’Anvers, d’Ixelles, aux musées royaux des Beaux-arts de Belgique et au musée royal de l’Armée à Bruxelles, de Gand, au musée Charlier à Saint-Josse-ten-Noode et au musée Gaspar.

Notre nature morte, aux tons sourds et contrastés que le peintre éclaire d’un luminisme discret, est caressé d’une lumière blonde qui idéalise le décor dans lequel sont placés des tableaux et des pots de cuisine. Ces tons lumineux échafaudent la composition en éclairant uniquement les points forts, à la pâte enlevée. La structure est solide, les matières surgissent de manière spontanée à travers de forts empattements dans la couleur bleue des pots et des tasses. Des tons forts, une palette emportée et une touche pourtant minutieuse soutiennent cette œuvre très originale, où l’émotion du peintre semble être restituée à chaud devant ces objets du quotidien, mais magnifiquement agencés dans un intérieur à la riche décoration.