La meule de foin, Pierre PRINS
La Meule de paille, Pierre PRINS (Paris, 1838-1913)
Huile sur carton, signée en bas à droite Étiquette d’exposition au dos Dimensions sans cadre 46×32 cm Dimensions avec cadre 66×53 cm Pierre Prins est l’aîné d’une famille de fabricants et marchands de parapluies , ombrelles et cannes. Orphelin de son père, il se passionne pour la sculpture et s’inscrit sur les conseils de sa mère dans une école d’arts décoratifs en 1861. Il fait la connaissance d’Edouard Manet par l’intermédiaire de sa sœur Pauline, amie très proche de Suzanne Leenhoff, et se lié d’amitié avec Zachary Astruc qui l’entraîne au café Guerbois pour fêter les premiers succès de Manet. Parmi ses amis, on compte aussi Stéphane Mallarmé et Alfred Sisley, avec lequel il partage le goût de la campagne et de la paysannerie, Manet restant le plus proche mais aussi leurs femmes respectives, toutes deux musiciennes. En 1869, il épouse Fanny Claus avec Manet comme témoin et au Salon de 1869, Manet présente sa toile Le balcon pour laquelle a posé Fanny Claus, debout avec son ombrelle, aux côtés de Berthe Morisot assise. En 1874, Pierre Prins participe à la création de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs et décide d’emmener son épouse à Namur pour se reposer. Mais avant de partir, il confie douze tableaux à son ami d’enfance le sculpteur Émile Scailliet, afin qu’il remette les toiles à Alfred Sisley, qui doit les déposer à l’atelier que le groupe loue à Nadar pour leur première exposition en avril 1874 , dans les anciens ateliers du photographe à Paris. Scailliet ayant oublié de remplir sa mission, Pierre Prins n’exposera jamais avec les peintres impressionnistes. Rongé par le chagrin d’avoir perdu Fanny en 1877, il ne travaille plus, et ce n’est qu’avec le soutien de son ami Manet qu’il reprend peu à peu goût à la vie, reprenant ses pinceaux et ses pastels. En 1878, il replante son chevalet dans les prés et les vergers et effectue des voyages en Bretagne à Pont-Aven, Le Pouldu, en Normandie , en Aquitaine, en Angleterre et en Belgique, tout en gardant une prédilection pour les paysages d’Île-de-France. Edouard Manet meurt en 1883, Pierre Prins dessine plusieurs portraits de son ami sur son lit mortuaire. Stéphane Mallarmé meurt en 1898, Prins dessine au pastel la maison de son ami. Vers la fin de sa vie, l’artiste peint dans les environs de Rambouillet, à Grosrouvre où sont installés de nombreux artistes et prononce un discours lors de l’inauguration par le président de la République Émile Loubet en 1905 d’une exposition sur l’Ecole de Rambouillet. Prins avait bien compris la nécessité d’être remarqué par les marchands. Il expose à de nombreuses reprises chez des galeristes en France et en Europe. En 1907, Georges Petit, le concurrent de Durand-Ruel, lui consacre une nouvelle exposition en accrochant une centaine de ses œuvres. Les critiques débordèrent d’enthousiasme et reconnurent en Prins un artiste talentueux. Ses œuvres sont exposées dans de nombreuses collections publiques: Auvers-sur-Oise, musée d’Aubigny Fécamp, musée des Terre-Neuvas et de la pêche ( Les foins près d’Orsay en Septembre, pastel ) Gaillac, musée des Beaux-Arts Gray, musée Baron-Martin ( Les Meules et l’arbre, pastel ) Paris, musée Carnavalet ( Le cabaret du Lapin Agile sous la neige à Montmartre ) Paris, musée d’Orsay Notre charmant tableau de meule de paille est à rapprocher de sa célèbre série de tableaux peints au soleil de Sucy-en-Brie en 1904 et exposé lors d’une magnifique rétrospective au Musée Fournaise sur le peintre en 1999, consacrant ses cimaises à l’art de cet extraordinaire pastelliste et lui rendant sa place légitime parmi le groupe des impressionnistes de la première heure. Anne Galloyer, critique d’art et chargée de recherches sur l’œuvre du peintre a écrit : « Prins rêve en homme heureux et quand il peint, ce n’est ni du Manet, ni du Monet, ni du Sisley. C’est du Prins et c’est signé. »