Le Pont Neuf à Paris, Adrienne JOUCLARD (Onville, 1882- Versailles, 1972)
Huile sur toile, signée en bas à droite
Dimensions sans cadre 54×46 cm
Dimensions avec cadre 72×54 cm
La vie d’Adrienne Jouclard fut longue et belle. Ce fut une vie entière dédiée à la peinture de portraits, de scènes de danse et sportives, et d’animaux.
Adrienne naquit à Onville, village auquel elle restera fidèlement attachée: la vie rurale, les travaux des champs, les fêtes campagnardes. Puis elle vécut à Paris, où les fêtes, les champs de course et les rencontres sportives furent son inspiration.
S’intéressant très tôt au dessin et à la peinture, Adrienne, après ses études secondaires, entra en 1899 à l’école nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, puis en 1901 à l’école nationale supérieure des Beaux-Arts où elle fut l’élève de Ferdinand Humbert. Elle enseigna le dessin aux Cours complémentaires de jeunes filles (de 14 à 16 ans) de la rue de Patay et de la rue de Charenton.
Adrienne Jouclard  exposa à partir de 1907 au Salon des artistes français et une mention honorable lui fut attribuée en 1908, ainsi qu’une médaille de troisième place en 1911, avec le tableau Labourage en Lorraine. Elle obtint en 1914 le deuxième prix de l’Union des femmes peintres et sculpteurs. Le prix Rosa-Bonheur qu’elle emporta la même année pour ses compositions animalières, fut assorti de bourses de voyage, mais ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale, où son père participa  à la bataille de Verdun tendit qu’elle-même était infirmière, qu’elle pût se rendre au Maroc et en Tunisie où elle trouva une source d’inspiration qui lui vaut aujourd’hui d’être citée parmi les peintres orientalistes de son temps.
Aussi séduisante dans l’immobilité des troupeaux que dans la fougue d’une partie de football, Adrienne Jouclard participa aux expositions de groupe organisées par la Société des Femmes artistes modernes et à celle de 1935 organisée par la galerie Bernheim-Jeune. Une longue vie de peintre la conduisit ensuite à un grand nombre d’expositions, au Salon des Tuileries (1924, 1925), l’Exposition Coloniale internationale en 1931, à la Galerie Bernheim en 1936 (Œuvres de femmes, Hermine David, Marie Laurencin, Mêla Muter, Suzanne Valadon, Adrienne Jouclard), les femmes artistes d’Europe exposent au Jeu de Paume, 1937), Bimillénaire de Paris-Comité Montparnasse- Exposition de peintres et sculpteurs de l’Ecole de Paris à La Coupole, 1951.
Ses récompenses furent nombreuses : Prix Rosa-Bonheur, 1914. Deuxième prix de L’Union des femmes peintres et sculpteurs, 1914. Chevalier de la Légion d’honneur en 1931. Médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1937.
Ses œuvres sont exposées aujourd’hui dans les musées internationaux, Rathaus à Vienne, Musée d’art moderne à San Francisco et à Prague, nationale des Beaux-arts à Sofia, Musée national d’Art de Roumanie (La Moisson), Musée national Romain à Rome, Pinacothèque nationale d’Athènes, Musées de Dreux, Laval, Lunéville, Lyon, Metz, Montauban, Nancy, Nevers, Nice, Paris (Musée Baccarat), Rouen, Soissons, Toul, Musée Lambinet à Versailles (Patineurs sur le Grand Canal).
La réception critique des œuvres d’Adrienne Jouclard nous renvoie à notre tableau. Capter l’énergie de l’action fut son principal langage pictural. Le point de vue du Pont Neuf est très original, en surplomb pour mieux maîtriser la perspective vers le quai de Conti, sur la rive gauche de Paris. Adrienne Jouclard emprunte aux impressionnistes leur goût du plein air et de la lumière, mais en ne craignant pas de dissoudre les formes au profit de tâches de couleurs qui la rapprochent des Fauves et même de l’expressionnisme. Dans un cadre, toute une rumeur de la vie parisienne, et une toile d’un dynamisme décoratif ardent, d’un puissant réalisme. À propos d’Adrienne Jouclard, Dominique Bondu écrivait dans le catalogue de la vente de son atelier:
« Plus on pénètre dans cette sorte de capharnaüm que fut le lieu où elle aimait peindre et dessiner, plus on s’aperçoit qu’elle préférait les scènes vivantes, vives et violentes, aux natures mortes. Dans toutes ses toiles, tout vibre, toutes les couleurs, et sa peinture est dynamique. Ici, ce sont des boxeurs, des joueurs de rugby, des cavaliers. Les sports sont saisis sur le vif par l’artiste qui veut capter les mouvements. Là, ce sont des fêtes populaires, le cirque, les enfants, les cours de récréations. Dans toutes les scènes, la puissance physique est exalté et le contraste parfait. »